My Wonderful Two

Dernière mise à jour : 13 mars

Je voudrais prendre le temps de rétablir une expression qui fait mal à mon cœur de maman depuis de nombreuses années.

Deux mots comme un couperet qui va nous tomber dessus parce que notre petit approche de cet âge soi-disant fatidique des deux ans : le "Terrible Two"...


Le "Terrible Two" serait ce dur à cuire, celui qui fait des crises, "ah c'est normal il a deux ans, c'est l'âge des caprices", "il est tout le temps dans le non!", "il nous teste", et autres fantaisies... Comme si à d'autres âges ces comportements d'opposition n'arrivaient jamais.


Le Terrible Two c'est cet enfant qui se roule par terre parce qu'on lui a enlevé la télécommande des mains, celle qu'il avait trouvée sur le canapé et avec laquelle il s'amusait à faire clignoter le petit voyant rouge.


Mais papa et maman ont décidé que c'était trop fragile pour jouer avec. Alors pourquoi l'avoir mise à ma portée? Comment me retenir de manipuler mon environnement qui a lui seul est tel un magasin de jouets pour moi ?


Peut-être parce justement on a mis dans la tête de papa et maman l'idée que tu étais ce petit provocateur et que du coup ils ont décidé qu'ils n'allaient pas se laisser mener par un petit enfant de même pas deux ans?


C'est vrai qu'il y a peu de répit pour qui doit s'occuper d'un petit de cet âge et que l'on peut facilement se sentir désemparé devant tant d'énergie, parfois on a envie de baisser les bras même tellement la communication est difficile...


Je pense qu'un recul est nécessaire.


Oui un enfant de 18 mois à 2 ans et demi est un enfant énergique, curieux, sensible, tactile, maladroit... et pour cause, cet élan n'est dirigé que vers une seule force : la Vie!

Un petit tourbillon qui vient bouleverser notre confort, notre besoin de calme, de propre, de perfection d'adultes,...

C'est déroutant!


En réalité, si l'on prend le temps d'observer ce petit engin cosmique et tellement fascinant qu'est le petit bébé en train de devenir un petit enfant, l'on ne peut qu'être en admiration devant tant d'intelligence et de maîtrise de tout ce qui l'entoure.


Car à chaque seconde, son cerveau opère un nombre insolent de combinaisons, de relations de causes à effet, de nouveaux mots à placer dans son réservoir "pour plus tard", de réadaptation à un nouvel endroit et j'en passe.


Ce qu'on prend pour des crises ou des caprices ne sont en fait qu'une manifestation de leurs frustrations les plus profondes, cette injustice d'avoir envie de tout savoir, de tout toucher avec si peu encore de maîtrise de leur petits gestes et si peu de champ d'action possible.


J'en suis à mon troisième "Wonderful Two" et je ne peux constater à quel point l'observer et écouter ses premiers mots me rend heureuse et me reconnecte à chaque instant avec le réel, le moment présent qu'on a tellement de mal à accrocher.


Chaque jour je me demande à quoi va ressembler sa minute d'après!